Un hérisson pointe le bout de son nez dans votre jardin et vous fondez immédiatement : mission, lui offrir de quoi grignoter ! Mais prudence, car derrière ses piquants se cache un animal au régime délicat… et quelques idées reçues qui méritent d’être démontées.
Le hérisson : loin d’être végétarien !
- Beaucoup croient que notre hérisson au ventre dodu est végétarien. Faux ! Le hérisson sauvage d’Europe est un insectivore de première catégorie.
- À son menu favori ? Coléoptères, vers de terre, chenilles… Bref, le buffet insectes à volonté !
- Contrairement aux clichés, limaces et escargots ne font pas partie de ses délices préférés. Il s’en nourrit, oui, mais c’est vraiment quand il ne trouve rien d’autre. On est loin du festin gastéropode !
- Il n’est pas difficile mais, à l’occasion, dévore aussi perce-oreilles, millepattes, mouches ou encore moustiques.
Nourrir un hérisson, oui… mais pas n’importe quand, ni n’importe comment
On veut bien faire, et parfois, on commet l’erreur de nourrir le hérisson sauvage un peu n’importe quand. Mauvaise idée ! Première règle à graver dans votre carnet du parfait ami des bêtes : ne pas le nourrir à tout-va. Pourquoi ?
- Un hérisson qui trouve son frichti chez vous chaque jour oublie vite comment chasser sa propre nourriture. Résultat : autonomie en chute libre !
- Nourri en permanence, il peut avoir du mal à entrer en hibernation – et ça, c’est carrément dangereux pour lui.
Pour aider ces petites boules de piquants, les moments les plus adaptés sont :
- L’automne, pour l’aider à faire le plein de réserves avant le grand sommeil hivernal.
- Juste après l’hiver, de mars à avril, quand il sort d’hibernation et a bien besoin d’un coup de fourchette pour retrouver la forme. Ce petit coup de pouce peut se prolonger jusqu’au mois de mai.
Le top (et le flop) des aliments pour hérisson
Si votre intention de nourrir un hérisson ne vous passe pas, il y a quelques règles d’or :
- Misez sur des aliments riches en protéines et en matières grasses, adaptés à son régime d’insectivore !
- Idées approuvées : insectes déshydratés, croquettes ou pâtée pour chats (exit la version chien…), vers de farine séchés.
- Pour varier, un petit morceau de steak haché maigre, du blanc de poulet cru et, de temps en temps, des œufs de caille.
- Et bien sûr, toujours un grand bol d’eau tiède à dispo pour qu’il puisse s’hydrater comme il se doit.
Mais attention, on évite absolument :
- Le lait : même si la tentation est grande d’offrir un peu de crème, c’est la cata – le lactose donne la diarrhée aux hérissons, et ce peut être fatal.
- Le pain : son système digestif vous dira non.
- Fromage, poisson, aliments épicés, huileux ou trop gras : ce sont des poisons pour lui.
Le mot de la fin : agir par amour, mais avec discernement
Il est touchant de voir un hérisson s’aventurer dans notre univers urbain ou bucolique. On rêve qu’il s’installe, qu’il revienne, qu’il croque la vie – et nos insectes – à pleines dents. Mais, pour bien l’aider, mieux vaut respecter sa nature plutôt que suivre nos instincts de nourricier.
En résumé : laissez-lui le plaisir (et le sport !) de chasser ; nourrissez-le uniquement aux périodes clés, avec les bons aliments et surtout éloignez définitivement le lait, le pain et compagnie des hérissons de passage. C’est ainsi que vous lui rendrez vraiment service… et qu’il vous remerciera peut-être, un soir, d’un petit grognement content !
