Les voleurs ne manquent pas d’audace, et les chiens de race le paient cher : le vol d’animaux de compagnie haut de gamme explose. Face à cette recrudescence, il est urgent d’ouvrir l’œil et de savoir comment éviter le pire, à la lumière des conseils d’experts… et des tristes anecdotes du terrain.
L’incroyable disparition du Salon de l’agriculture : un fait loin d’être isolé
Le 25 février dernier, au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, le Salon de l’Agriculture a été secoué par un événement inattendu : un berger allemand à poils longs, âgé de 3 ans et dont la valeur est estimée entre 25 000 € et 30 000 €, a mystérieusement disparu… en à peine le temps pour sa ou son propriétaire d’aller recevoir un prix. Silence radio : envolée la chienne ! Heureusement, elle a été retrouvée cinq jours plus tard en région parisienne. Mais ce scénario n’a rien d’une histoire unique ; il fait écho à une tendance inquiétante dans l’Hexagone : le vol organisé de chiens de race.
L’essor inquiétant d’un trafic lucratif
Pourquoi un tel engouement pour les chiens de race ? Tout simplement parce qu’ils valent (très) cher. « Il y a une recrudescence des vols importante, parce que les chiens se vendent très cher, de plus en plus cher. Il y a le vol pour la revente du chien, mais il y a le vol aussi pour la reproduction. Vous avez des chiens qui se vendent jusqu’à 10 000 €, quand même. C’est un trafic facile qui peut rapporter gros », analyse Isabelle Gharbi-Terrin, avocate au barreau de Marseille. Les motivations des voleurs varient ; certains visent la revente à prix d’or, d’autres les intérêts liés à la reproduction.
Et malheureusement, difficile d’y voir clair côté chiffres. D’après l’I-CAD, organisme en charge du fichier national d’identification des chiens, des chats et des furets en France, on compte tout de même environ 400 chiens déclarés volés par an. Un chiffre suffisant pour se méfier en promenade…
Des méthodes de vol variées et parfois musclées
Les chiens de race, aux yeux attendrissants et au pelage soyeux, attirent toutes les convoitises – même les plus malintentionnées. Les méthodes des voleurs sont aussi diverses qu’imaginatives :
- L’arracher purement et simplement des bras de leur humain – scénario aussi traumatisant que brutal.
- Faire semblant de vouloir le tenir le temps d’une photo au parc et s’enfuir avec l’animal… sous vos yeux ébahis.
- Aborder le propriétaire avec un autre chien et demander innocemment si le vôtre est stérilisé – ne répondez jamais à cette question ! Un faux intérêt, une vraie tactique.
Nathalie Loïko, fondatrice de l’association WAf, spécialisée dans la recherche de chiens volés, insiste : mieux vaut rester discret sur le statut reproducteur de votre compagnon à quatre pattes !
Démarches à suivre et gestes à adopter : mode d’emploi
Vous pensez être à l’abri derrière votre écran ? Pas si vite ! Les chiens et chiots volés se retrouvent très souvent revendus sur Internet. D’où l’importance de ne pas acheter d’animaux à un particulier en ligne : selon la Centrale Canine, vous risqueriez d’alimenter sans le vouloir tout un trafic. Au passage, notez que la vente en ligne d’animaux de compagnie est interdite aux particuliers, sauf s’ils possèdent un statut d’éleveur officiel…
Si, malgré vos précautions, vous êtes victime d’un vol :
- Rendez-vous sans attendre à la gendarmerie ou au commissariat pour déclarer le vol et porter plainte. Attention, seul le propriétaire officiel de l’animal peut accomplir cette démarche.
- Contactez ensuite l’I-CAD afin que la disparition du chien figure dans le fichier national. Cette étape permet de bloquer toute cession frauduleuse et d’avertir les professionnels utilisant ce registre.
- Pour le signalement auprès de l’I-CAD, deux options : email ([email protected]) ou courrier postal (Fichier National I-CAD 29, rue du Progrès CS 50011 93108 Montreuil CEDEX). Précisez bien “Déclaration de vol” dans l’objet et indiquez le numéro d’identification de votre animal, sa race, vos coordonnées complètes (nom, prénom, adresse, téléphone), ainsi qu’une copie du dépôt de plainte portant la mention « Vol de l’animal ».
- Annoncez très largement la disparition sur les réseaux sociaux, en renouvelant la communication régulièrement.
- N’oubliez pas d’alerter les vétérinaires, fourrières et SPA de votre région ; chaque relais est bon à prendre.
Conclusion : Un maître averti en vaut deux !
On l’aura compris : l’univers des chiens de race aiguise, hélas, des appétits peu recommandables. Pour éviter de voir son compagnon disparaître dans la nature ou apparaître dans une annonce douteuse, mieux vaut conjuguer vigilance, discrétion et réactivité. À tous les maîtres de poilus précieux : restez sur vos gardes… et ne prêtez la laisse qu’à ceux qui savent la rendre !
