Petite bouille à museau pointu, yeux craquants, silhouette toute ronde… Le hérisson a décidément tout pour plaire. Mais attention : derrière son air inoffensif et sa popularité sur les réseaux, ce compagnon de nos jardins est une espèce protégée, et il vaut mieux éviter certains gestes, même bien intentionnés, pour ne pas lui causer du tort. C’est parti pour un tour d’horizon, entre bons réflexes et fausses bonnes idées, histoire de le défendre sans fausse note !
Le hérisson, un allié discret… mais vulnérable
Le hérisson fait figure de star dans la famille des petits mammifères. Cette boule de piquants, membre des Erinacéidés, a le chic pour séduire petits et grands, tout en rendant d’éminents services : il régule naturellement limaces, escargots et autres envahisseurs de nos potagers. On ne compte ainsi plus les publications sur les réseaux sociaux qui encouragent à le protéger et à l’accueillir. Mais stop ! Si le cœur vous en dit de devenir un « ami des hérissons », mieux vaut se rappeler une règle d’or : le hérisson est un animal sauvage, menacé par la destruction de son habitat, les pesticides, et même les voitures.
Saisons à risque : attention, fragile !
On l’aperçoit souvent en train de vadrouiller dans les jardins, de jour comme de nuit. Mais deux périodes de l’année méritent une vigilance accrue :
- En automne : le hérisson prépare son hibernation, choisissant volontiers des tas de bois ou de feuilles mortes dans lesquelles il se camoufle (merci à Loriane Aubinais, du Centre régional de sauvegarde de la faune sauvage de la LPO PACA, pour ces précisions qui respirent le vécu !).
- Au printemps : la belle saison des naissances commence. Les mères cherchent des sites pour installer leurs nids et s’aventurent parfois en plein jour à la recherche de nourriture, pendant que les petits explorent de leur côté.
- À ces moments, il est très facile – sans le vouloir – de déranger les hérissons, d’abîmer leur abri… Ou, plus grave, de les blesser, notamment lors des tontes de pelouse (avouez, personne ne veut ça !).
Gestes à éviter absolument (et ceux à adopter !)
Vous souhaitez offrir le gîte et le couvert aux hérissons ? Excellente idée, mais attention à ne pas faire plus de mal que de bien. Voici un rappel malin des bons gestes, selon Loriane Aubinais :
- Offrir des passages : aménagez des passages entre les terrains pour leur circulation. Les hérissons sont de grands voyageurs !
- Sécuriser la piscine la nuit pour éviter tout risque de noyade. (Oui, le hérisson n’est pas dauphin…)
- Dire non aux pesticides et produits chimiques, qui éliminent ses proies et peuvent aussi l’empoisonner.
- Laisser des tas de bois et de feuilles mortes dans un coin du jardin : ce sont leurs hôtels tout confort.
- Mettre une gamelle d’eau fraîche à disposition, au sol, surtout en été.
En revanche, côté nourriture, stop aux idées reçues : même si les hérissons trouvent parfois dans les croquettes de chien ou de chat une tentation irrésistible, ce n’est pas du tout adapté ! Trop de particuliers, portés par des publications virales et face à l’abondance de croquettes « spéciales » proposées à la vente, prennent le pli de nourrir les hérissons chaque jour. C’est un mauvais réflexe.
La responsable du centre de soins alerte : ces animaux sont tout à fait capables de trouver une alimentation naturelle sur place – insectes, larves, vers de terre, limaces, escargots… Soit bien loin de ce que renferme une boîte de croquettes. Les nourrir artificiellement, c’est les rendre dépendants… et risquer de leur causer des maladies cardiaques ou du surpoids. Pas mieux !
Respecter la nature (et la loi !)
Autre travers observé : l’effet peluche. Le hérisson a beau être mignon, il n’est pas un animal domestique ! La loi protège strictement l’espèce : il est interdit de lui nuire, de le capturer, de le détenir (même si votre jardin se rêve en forteresse imprenable, résistez à l’envie de l’enfermer). Tout contrevenant s’expose à des poursuites – on préfère l’éviter, n’est-ce pas ?
Que faire alors si vous découvrez un hérisson blessé ou affaibli, par exemple allongé sur le côté en plein jour ? Installez-le délicatement dans un carton percé de quelques trous pour l’aérer, dans une pièce calme, puis contactez rapidement le centre de sauvegarde faune sauvage le plus proche. Les coordonnées figurent sur reseau-soins-faune-sauvage.com.
En résumé : pour prendre soin du hérisson, le premier réflexe consiste souvent à ne rien faire… de trop ! Un peu d’eau, un abri naturel, pas de produits chimiques, et surtout, respectez sa liberté d’animal sauvage. Car, franchement, n’est-ce pas là la plus belle preuve d’amitié ?
