Installer un nichoir dans son jardin, c’est vouloir donner un coup de pouce à nos amis à plumes… mais attention, quelques erreurs peuvent transformer la bonne intention en fiasco total. Avant de sortir les outils et les bonnes vieilles planches, petite revue des règles d’or pour que votre refuge ne vire pas à la mauvaise auberge !
Pourquoi les nichoirs sont utiles… mais pas magiques
Ce n’est plus un secret : les oiseaux disparaissent à vue d’œil en France et partout en Europe. Alouettes des champs, moineaux domestiques, merles noirs… tous désertent progressivement nos campagnes. En cause ? Notamment, la coupe effrénée de haies, bosquets et boisements qui, jadis, leur fournissaient un foyer douillet. Face à cette chute dramatique, beaucoup pensent aux nichoirs – un geste salutaire… à condition de ne pas en attendre monts et merveilles.
Nicolas Macaire, ornithologue animateur à la LPO, tient à tempérer l’enthousiasme : « Si vous souhaitez vraiment aider les oiseaux sauvages, la priorité reste de préserver ces habitats, qu’il s’agisse d’une haie libre, d’arbustes à baies ou d’un vieil arbre mort encore sur pied. L’installation de nichoirs est une mesure intéressante, mais elle ne fera pas tout. » Autrement dit, mettre un nichoir, oui… mais repenser aussi le jardinage et la coupe rase du vieux pommier !
S’adresser aux bons locataires… et choisir les bonnes dimensions
On croit parfois qu’un nichoir attire sans discrimination tous les oiseaux du quartier. Hélas, déception garantie. Les nichoirs ne plaisent qu’aux espèces dites cavicoles. Nicolas Macaire précise : « Essentiellement les mésanges bleues, les mésanges charbonnières, ou encore les sittelles torchepot. » En revanche, le verdier d’Europe ou l’accenteur mouchet, pourtant si présents dans nos jardins, n’y mettront jamais les pattes : eux ne nichent que dans les haies. Comme quoi, tout le monde n’aime pas vivre dans un studio tout équipé…
Autre étape cruciale : respecter à la lettre les mensurations du futur logis. Chaque espèce a des goûts bien précis !
- Pour la mésange bleue : 13 cm par 13, 23 cm de haut, trou d’envol de 26 à 27 mm.
- Pour la sittelle torchepot : 18 cm par 18 et un trou de 46 à 50 mm.
Retrouvez d’autres tailles sur le site de la LPO. Eh oui, ici l’impro n’est pas de mise : imaginez-vous coincé dans une porte trop étroite…
L’emplacement : la clef pour éviter les drames
Pour éviter que vos futurs pensionnaires ne finissent dans la panse d’un chat prompt à escalader, le choix du lieu est primordial. L’idéal ? Fixer le nichoir à 2 mètres du sol, directement sur le tronc d’un arbre judicieusement éloigné de toute plateforme d’accès. Si votre minet jette déjà un œil gourmand vers cette nouvelle cabane, c’est qu’il faut revoir le plan…
Évitez ces erreurs classiques pour ne pas faire fuir les oiseaux
Le saviez-vous ? Trop de zèle décoratif nuit gravement à l’attractivité d’un nichoir. Nicolas Macaire est formel :
- Ne placez rien à l’intérieur : ni graines, ni feuilles, ni laine. Toute matière ajoutée fera fuir l’oiseau.
- En période de nidification (fin mars à fin juillet), n’installez pas de nourriture à proximité immédiate : le moindre snack attirera immanquablement les prédateurs.
Et pour les bricoleurs ? Optez pour des planches de bois brut, non traitées, non peintes : sapin, pin ou chêne d’au moins 2 cm d’épaisseur pour isoler convenablement. Ni aggloméré ni contreplaqué, sauf le contreplaqué marine qui résiste à l’humidité. Inutile de poncer le bois : les petites aspérités faciliteront la prise de l’oiseau, véritable tapis antidérapant intégré.
En somme, installer un nichoir, c’est un geste généreux… mais exigeant ! En respectant ces quelques règles, vous maximisez vos chances d’offrir non seulement un logement confortable, mais aussi sûr et durable à nos discrets voisins ailés. Alors, à vos marteaux (et à vos haies) : la nature vous le rendra !
