Adopter un hérisson chez soi : ce que la loi interdit vraiment, attention aux lourdes sanctions

Mike cnmt
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Il est mignon, piquant mais irrésistible. Quand un hérisson traverse votre jardin ou s’essouffle en bord de route, la tentation de l’adopter vous titille ? Avant de craquer pour ce petit mammifère nocturne, penchons-nous sur la loi… et sur la vraie vie du hérisson, loin des clichés véhiculés sur les réseaux sociaux.

Le hérisson, une espèce strictement protégée

Le saviez-vous ? Le hérisson est protégé depuis 1981 en France, sous l’égide de la convention européenne de Berne qui œuvre pour la préservation de la faune sauvage. Un arrêté de 2007 a même renforcé cette protection. Autrement dit, ce n’est pas (du tout) un animal de compagnie légal : la loi interdit de capturer, détenir ou transporter un hérisson sauvage, même dans le but louable de lui offrir une convalescence de rêve.

Pourquoi tant de prudence ? Parce que la population des hérissons aurait chuté de 40 % en vingt ans – même si, avouons-le, c’est une extrapolation à partir d’autres petits mammifères insectivores. Accident de la route, braconnage, raréfaction des insectes due aux pesticides… les causes sont nombreuses. Heureusement, les spécialistes se veulent rassurants : non, le hérisson ne disparaîtra pas demain matin.

Si l’interdiction n’est pas respectée, gare aux sanctions ! L’amende peut grimper jusqu’à 300 000 euros, surtout si votre capture a eu lieu dans un parc national ou une réserve naturelle. Sans compter la peine d’emprisonnement prévue pour les récalcitrants. Alors, mieux vaut inviter la prudence à votre table plutôt que le hérisson dans votre salon.

Prendre soin d’un hérisson en détresse : la procédure légale… et le bon sens

Croiser un hérisson en difficulté n’est pas une invitation à jouer au vétérinaire du dimanche. Dans ce cas, appelez immédiatement un centre de soins pour animaux sauvages proche de chez vous. Ce sont eux, et eux seuls, qui pourront vous donner le feu vert pour transporter l’animal – un accord nécessaire en cas de contrôle routier.

Et s’il vous vient l’idée de jouer au chef cuisinier, stop ! Ni lait, ni croquettes à distribuer à tout-va : le hérisson est un animal complexe, ses besoins varient selon le sexe, la présence de parasites, ou encore son niveau de déshydratation. Un hérisson qui semble requinqué peut dépérir en quelques jours si les soins ne sont pas adaptés.

Les spécialistes déconseillent tout nourrissage routinier : le hérisson doit rester sauvage, sous peine de devenir dépendant de l’humain et d’y laisser sa liberté… et sa survie. Toutefois, en cas de canicule, une petite coupelle d’eau fraîche ne fait pas de mal. Quelques croquettes pour chat, pourquoi pas, mais en adaptant la quantité et en stoppant progressivement quand les températures chutent. Attention : ne jamais nourrir brutalement ni arrêter net si vous commencez.

Vivre avec un hérisson : rêve d’Instagram ou cadeau empoisonné ?

Face aux vidéos attendrissantes qui circulent en ligne, la question brûle toutes les lèvres : Pourquoi voit-on tant de gens vivre avec des hérissons s’il est interdit de les adopter ?

La réponse est simple : ce n’est pas possible légalement avec nos hérissons sauvages français. Parfois, ce sont des espèces exotiques ou des situations non conformes à la législation que l’on observe sur les plateformes. Attention à ne pas confondre réseau social… et réalité juridique !

Au-delà de la loi, le hérisson est un animal nocturne, solitaire, impossible à domestiquer. Il change de nid tous les deux ou trois jours, ne supporte la compagnie de ses congénères que pour la reproduction et peut parcourir de longs kilomètres chaque nuit. Enfermer un hérisson dans un enclos ou une cage est tout simplement contraire à son bien-être.

Petit bonus piquant : le hérisson est porteur de nombreuses maladies transmissibles à l’humain, comme la salmonellose, la gale, la teigne ou les tiques. Alors, même si c’est tentant, on évite les câlins… avec quelques gants au minimum.

Comment aider réellement les hérissons ?

  • Aménagez un abri simple : quelques parpaings ou une planche contre un mur, remplis de feuilles mortes ou de paille, feront un nid parfait à proximité d’une haie.
  • Rangez outils, râteaux, tronçonneuses et taille-haie pour limiter les blessures.
  • Devenez “capacitaire hérisson” – un vrai rôle d’expert ! Il faut déposer une demande auprès de la direction départementale de la protection des populations, suivre une formation d’une soixantaine d’heures et passer devant un jury.
  • Laissez-le libre ! Les hérissons sont d’excellents auxiliaires naturels contre les limaces, escargots et vers de terre. Chacun sa place, chacun son utilité.

Conclusion : aimer les hérissons, c’est les laisser sauvages !
Si vous croisez un choupisson (oui, oui, c’est comme cela que l’on appelle le petit du hérisson !) ou un adulte en vadrouille nocturne, observez-le, protégez-le, mais gardez vos distances. Aider, ce n’est pas adopter : la meilleure façon d’être un ami des hérissons, c’est d’être un allié discret et bienveillant dans leur jardin… pas leur geôlier.

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